Allocution de la Vice-Secrétaire générale lors du 9ème Forum Régional Africain pour le Développement Durable 2023

Son Excellence Mohamed Bazoum, Président du Niger, Vice-Président de la Commission de l’Union Africaine,

Vice-président du Forum régional africain pour le développement durable,

Excellences,

Mesdames et Messieurs, les jeunes,

Permettez-moi de commencer par remercier profondément le Président, le Gouvernement et le peuple du Niger pour leur accueil chaleureux à moi et aux délégations de l’ONU ici au Niger, mais aussi pour les excellentes installations que vous avez mises à notre disposition.

Je veux rendre un hommage particulier et remercier ma sœur, la ministre de l’environnement du Niger.

Je remercie également mes collègues de la Commission économique pour l’Afrique d’avoir organisé cet évènement, c’est un évènement important où se fait entendre la voix de l’Afrique sur le thème du développement.

Nous nous réunissons à un moment crucial pour l’Afrique et pour nous tous.

Notre monde connaît une série de crises en cascade qui sapent les gains de développement durement acquis et menacent les générations actuelles et futures. L’Afrique en subit pleinement les effets, avec les retombées socio-économiques de la Covid-19, la crise climatique et la guerre en Ukraine, auxquelles l’Afrique y a le moins contribué.

Nous sommes réunis au Sahel où l’urgence climatique exacerbe une menace sécuritaire croissante, la propagation du terrorisme et une situation humanitaire catastrophique.

Nous nous dirigeons actuellement vers un réchauffement de 2,7 degrés, ce qui pourrait se traduire par des pertes de près de 15 % du PIB dans la région du Sahel.

Et il y a une crise du coût de la vie sans précédent qui a plongé quelque 23 millions de personnes en Afrique dans l’extrême pauvreté en 2021.

À mi-parcours des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063, nous sommes loin d’être là où nous devons être.

Mais ce n’est pas le moment de désespérer.

Au contraire, l’heure est à la solidarité, au leadership et à l’engagement dans les actions que nous devons entreprendre pour mettre en œuvre les agendas.

Comme l’a déclaré le Secrétaire général à Addis au début du mois, « l’Afrique est sur le point de progresser et le XXIème siècle est sur le point d’être le siècle de l’Afrique ».

Son Excellence, Monsieur le Président

Merci de nous avoir réunis ici à Niamey pour relever ces défis de front. Merci pour votre leadership face aux complexités incroyables de notre environnement dans lequel nous réalisons tant de choses avec si peu et de toute urgence pour notre peuple et la terre sur laquelle nous vivons.

Nous le faisons avec la compréhension commune que grâce à des solutions dirigées par l’Afrique, nées sur le sol africain, nous pouvons changer de cap et relever le défi de l’Agenda 2063 et des ODD.

Le commerce intra-africain est en hausse dans la région et l’Accord de libre-échange continental a le potentiel de sortir 30 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Merci aux dirigeants de l’Union africaine.

Les chefs d’État africains ont également approuvé un plan d’action sur l’industrialisation durable et la diversification économique. Nous devons veiller à ce que les économies vertes et numériques émergentes servent mieux les populations et l’environnement naturel de l’Afrique. Et la clé de la mise en œuvre sera l’inclusion de notre jeune population.

La transformation énergétique de l’Afrique est au cœur de ces efforts. Le développement d’une chaîne de valeur durable pour les minéraux de batteries de véhicules électriques par la Commission économique pour l’Afrique et d’autres partenaires de développement en est un exemple prometteur.

Il en va de même pour le registre des crédits carbone du Bassin du Congo, qui fournit une plateforme visant à garantir des crédits carbone de haute intégrité qui sont émis et renforce le marché du carbone en Afrique.

Pendant ce temps, l’Initiative de la Grande Muraille verte a le potentiel de fournir à la fois une résilience climatique et des moyens de subsistance durables aux populations vulnérables, afin qu’elles aient une alternative au conflit au Sahel.

La « Grande Muraille bleue » proposée peut garantir des avantages similaires grâce à une gestion efficace des écosystèmes marins et d’eau douce du continent. C’est important, car tout comme nous avons un conflit au Sahel et dans de nombreuses autres régions d’Afrique, nous assistons également à une montée de la criminalité dans le Golfe de Guinée.

Son Excellence, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Lorsque les dirigeants mondiaux, y compris nos 54 dirigeants africains, se réuniront pour le Sommet sur les ODD en septembre prochain, ce sont des solutions comme celles-ci d’une Afrique en plein essor qu’ils doivent soutenir, qui doivent être investies.

Le Sommet est le moment où nous nous rassemblons pour lutter pour les ODD, mais aussi pour tenir les promesses que nous avons faites en 2015.

Il doit tenir ces engagements dans trois domaines clés.

Premièrement, nous devons redynamiser les promesses nationales des ODD.

Il est clair qu’après 7 ans de mise en œuvre, nous ne prenons pas les décisions audacieuses et ne faisons pas les investissements nécessaires pour conduire des progrès transformateurs.

Lors du Sommet, les dirigeants mondiaux doivent définir des ambitions claires pour réduire la pauvreté et les inégalités d’ici 2027 et 2030. Et ils doivent le faire en investissant en Afrique, en investissant dans notre économie et en investissant dans notre peuple, en particulier les femmes et les jeunes.

Ils doivent transmettre un engagement clair à aligner pleinement les institutions et les budgets nationaux sur l’élaboration des ODD.

Et ils doivent proposer des plans concrets pour conduire les transformations critiques des ODD - de l’énergie aux systèmes alimentaires, en passant par la technologie numérique, la protection sociale et l’éducation - et concrétiser notre engagement à ne laisser personne de côté.

Deuxièmement, le Sommet doit apporter des progrès tangibles dans le domaine du financement des ODD.

Le déficit de financement pour atteindre les ODD et assurer la résilience climatique continue de se creuser.

43 % des pays africains sont surendettés ou proches du surendettement, principalement en raison de facteurs externes indépendants de la volonté de leurs gouvernements. C’est inacceptable.

Le Secrétaire général a appelé le G20 à débloquer une relance des ODD d’au moins 500 milliards de dollars par an pour les Pays en développement, en particulier en Afrique

Sur tant de fronts, notre monde est en proie.

Surmonter ces enjeux exige l’égalité dans notre soutien, et non l’hypocrisie et les fausses promesses.

Plus généralement, nous avons également besoin de réformes systémiques d’une architecture financière mondiale qui aujourd’hui n’est pas adaptée à son objectif - et qui reste trop tournée vers le court terme, sujette aux crises et fondamentalement biaisée en faveur des intérêts des riches.

Grâce à la relance des ODD, associée à des initiatives telles que l’Agenda de Bridgetown, nous continuerons d’appeler à de telles réformes. Il s’agit notamment de veiller à ce que les pays africains puissent accéder à l’allégement de la dette, aux dépréciations et aux financements supplémentaires dont ils ont désespérément besoin pour se redresser et planifier un avenir incertain.

Nous avons besoin d’une percée dans l’accès au financement pour les pays africains afin qu’ils puissent de toute urgence augmenter les investissements nécessaires.

Troisièmement, le Sommet doit revigorer le concept de véritable partenariat.

Cela signifie s’engager avec les jeunes, cela signifie s’engager avec la société civile et le public mondial en tant que co-créateurs dans nos efforts pour transformer le monde d’ici 2030.

Cela signifie garantir une ambition ODD plus ambitieuse et plus crédible de la part des entreprises, du secteur privé, tout en élargissant l’engagement des autorités locales, nos pères et mères traditionnels, et en investissant dans l’interface science-politique.

Et cela signifie mobiliser un soutien mondial derrière ces interventions dont nous savons qu’elles entraîneront un maximum de progrès dans la réalisation des objectifs au niveau des pays.

Son Excellence, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Au cours des prochains mois, le système des Nations Unies travaillera avec les gouvernements et d’autres partenaires pour progresser dans ces trois domaines vers votre ambition.

Ces efforts seront fondés sur le travail effectué par nos coordonnateurs résidents, nos équipes de pays et nos capacités régionales.

Les coordonnateurs résidents aident les pays à se développer et à progresser sur les principales voies de transition, les transformations politiques, les partenariats et la création de coalitions, le tout pour accélérer l’élan vers l’Agenda 2030. Il est important que nous considérions les coordonnateurs résidents non seulement comme des coordonnateurs du système des Nations Unies dans vos pays, mais comme des organisateurs des partenaires qui accéléreront les progrès vers les ODD.

La Plateforme de collaboration régionale des Nations Unies se réunira également ici cette semaine pour continuer à renforcer notre soutien aux pays de la région.

Vous pouvez compter sur notre soutien et notre collaboration sans réserve. Son Excellence, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Le Programme 2030 et l’Agenda 2063 représentent notre voie vers la paix et la prospérité.

Et profitons du neuvième Forum africain pour le développement durable qui offre une occasion importante de tracer une voie ambitieuse.

J’attends avec impatience des délibérations fructueuses et un résultat influencé par l’ambition de l’Afrique, que nous pourrons présenter au sommet des ODD à New York et à la COP28 aux Émirats arabes unis.

Merci.

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